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Introduction

En tant qu'artiste-chercheur, David Therrien Brongo a développé un attrait particulier pour les questions techniques et scientifiques entourant la pratique instrumentale, spécifiquement de la percussion. Les œuvres abordées lors de son parcours universitaire et professionnel lui ont permis de développer une expertise dans le répertoire québécois pour percussion solo. Son travail ainsi que son récital final de maîtrise portaient sur la relation entre la musique française et québécoise pour percussion : il y a présenté des pièces des compositeurs français Philippe Hurel et Bruno Mantovani, de même que des œuvres des compositeurs québécois Nicolas Gilbert et Michel Longtin. Il a continué ses recherches en menant un doctorat sur l'histoire de la multipercussion solo au Québec. Il a notamment travaillé sur des œuvres de Micheline Coulombe Saint-Marcoux, Claude Vivier, Patrick Giguère, Pierre Béluse, Michel Longtin, Nicolas Gilbert, Dominique Lafortune et Jean Lesage.

En tant qu'interprète, il a travaillé directement avec de nombreux compositeurs sur l’écriture pour percussion, tant en solo qu’en musique de chambre ou en orchestre symphonique. Ses expériences lui ont fait réaliser qu’une partie essentielle de son rôle comme musicien créateur était de travailler à la documentation des œuvres afin d’en assurer la pérennité, la diffusion et la transmission pour qu’elles puissent s’ancrer dans le patrimoine musical québécois et canadien et, plus largement, dans la tradition musicale de la percussion.

Vous trouverez donc ici, parfois sous forme d'article, parfois sous forme d'atelier, de l'information sur les différents axes de recherche sur lesquels David travaille. 

Recherche

(Article paru dans Circuit, musiques contemporaines.)

Résumé

Première femme à remporter le Prix d’Europe en composition, à l’avant-garde de l’écriture et de la recherche en musique électroacoustique, militante pour les arts et le rôle du compositeur dans la société, Micheline Coulombe Saint-Marcoux est indéniablement une pionnière dans son milieu. Elle fut également la première Québécoise à composer une œuvre pour percussion solo. Dans la lignée des Zyklus (1959) de Karlheinz Stockhausen et Intérieur I (1966) de Helmut Lachenmann, Trakadie (1970) pour percussion et sons fixés représente le début de cette discipline au Québec. En plus d’offrir une analyse de Trakadie, cet article replace également l’œuvre dans son contexte en traitant de deux autres pièces écrites par Coulombe Saint-Marcoux dans les mêmes années: Séquences (1968, rév. 1973) et Épisodie II (1972).

(Article paru dans la revue de la FAMEQ.)

Résumé

Terme passe-partout, galvaudé ou même ridiculisé (voir l’expression péjorative social justice warriors (Majcher, 2017)), la justice sociale est un concept de la justice comme structure de la société qui trouve ses sources dans la philosophie politique. Bien qu’il existe plusieurs approches pour concevoir la notion de justice sociale, les plus répandues en Occident au XXIe siècle sont basées sur les travaux de John Rawls qui, notamment à travers son ouvrage publié en 1971 Théorie de la justice (Rawls, 1987), jette les bases d’une théorie de la justice comme équité. Je commencerai donc par dégager les différentes dimensions de la justice à travers l’évolution du discours qui la définit. Le monde ayant cependant bien changé en cinquante ans, il faut remettre en perspective le contexte dans lequel s’opère aujourd’hui la justice sociale. La compréhension des dimensions de la justice et du paradigme actuel de son application nous permettra de saisir comment la justice sociale entre spécifiquement en jeu dans le domaine de l’éducation et de l’éducation musicale.

 

trajets/tendances (création) 
pour multipercussion
Dominique Lafortune 
Québec, *1989
Moi, jeu... (1999) 
pour marimba
Bruno Mantovani 
France, *1974
Espace (1988) 
pour multipercussion
Pierre Béluse 
Québec, 1935-2015
Trakadie (1970) 
pour multipercussion et bande
Micheline Coulombe Saint-Marcoux 
Québec, 1938-1985
Exil : Shanghai 45 (1991) 
pour multipercussion
Michel Longtin 
Québec, *1946

Le répertoire de ce récital a été choisi en fonction de la place qu’occupe chaque œuvre dans le corpus musical québécois, soit le cadre principal des recherches doctorales de David Therrien Brongo, ou dans son répertoire personnel. 

trajets/tendances est née d’une collaboration avec le compositeur Dominique Lafortune, que David a découvert à travers des ateliers sur la sonologie sonore qu’il a donnés dans un cadre de médiation culturelle avec l'ensemble Paramirabo. 

Moi, jeu…, bien qu’écrite par un compositeur français, est une œuvre pour marimba virtuose qui détonne des pièces standard pour claviers, de par la façon dont l’instrument est traité, quasiment à la manière d’une multipercussion. 

La partition de la pièce Espace a été découverte lors de recherches dans les archives de Pierre Béluse, dans le cadre d'un projet spécial de David en collaboration avec la Marvin Duchow Library de l’École de musique Schulich de l’Université McGill. 

Première pièce pour multipercussion composée par un Québécois, Trakadie revêt une importante particulière dans ses recherches. Créée à Paris en 1970, elle a été rejouée quelques fois dans les années suivantes, puis, en raison du format analogue des sons fixés, elle est quelque peu tombée dans l’oubli. 

La dernière œuvre au programme, Exil : Shanghai 45, que David a interprétée une première fois en 2016 lors de son récital de fin maîtrise, est celle qui a lancé son désir de poursuivre un doctorat sur le corpus québécois pour multipercussion. Œuvre imposante d’environ vingt-cinq minutes, elle contient des éléments théâtraux, un aspect scénique important (tant dans l’instrumentation que dans l’interprétation), une part importante de virtuosité instrumentale et une partition plutôt difficile d’approche de prime abord. 

Tous ces éléments, jumelés à la richesse intrinsèque de l’œuvre, ont mené David à vouloir explorer cette œuvre et plus globalement, la riche culture québécoise de la multipercussion.

En tant que percussionniste spécialisé en musique contemporaine et en création, le travail de David Therrien Brongo réside principalement dans l’interaction avec les compositeurs et les compositrices. Au cours des dernières années, il a participé, soit en solo, avec Ensemble Paramirabo ou avec Duo AIRS, à la création de plus d’une cinquantaine d’œuvres en travaillant directement et activement avec leurs compositeurs.

Dans son travail avec eux et elles, un des sujets les plus récurrents est celui de la spécificité et de la complexité de la percussion, tant sur le plan de l’écriture que des possibilités sonores. Plusieurs traités (ex: Brindle 1991, Solomon 2002) existent pour parler de l’écriture pour percussion, mais il n’existe pas vraiment de consensus sur la question. L’utilisation intensive de la percussion étant relativement récente dans l’histoire de la musique, elle est un instrument dont les codes varient énormément d’une école de pensée à une autre, d’un interprète à un autre. De plus, il est important d’allier une connaissance théorique (les traités) à une connaissance pratique (collaboration avec un interprète). Son atelier « Écrire pour percussion » sert donc de lien entre la théorie de différents traités et la pratique instrumentale dans le concret. Il se divise en deux parties : l’écriture pour percussion et les techniques étendues de percussion. Lors de la première partie, David aborde trois catégories différentes de percussion (multipercussion, caisse claire et claviers), leurs spécificités quant à la notation ainsi que la notation des baguettes. Il donne au passage des exemples tirés de la littérature et du répertoire de chaque instrument (Xenakis, Romitelli, Longtin, Oliveira, Martynciow, Manoury). 

En deuxième partie, il présente, instruments à l’appui, les techniques, sonorités possibles et limites (physiques, sonores ou autres) de différents instruments. Cette partie se divise entre les différentes familles d’instruments suivantes : claviers (marimba, vibraphone), peaux (caisse claire, grosse caisse, tom-toms, congas, bongos, rototoms), métaux (cymbales, tam-tam, gongs, bols tibétain) et bois (woodblock, tambour de bois). 

Voyez (ou revoyez) la vidéo de sa présentation donnée le 7 octobre 2020, en collaboration avec la Ligue canadienne des compositeurs :

Photo de baguettes et de cymbales sur le sol forestier